FRANCK HAPPI (PDT SYCEC): “NOUS RÉCLAMONS 910 MILLIONS…ON A REÇU AUCUN COPECK “

0

Juste avant la dernière sortie officielle du SYCEC, notre rédaction avait eu en entretien le président Franck HAPPI qui avait déjà annoncé les prémices de ce qui adviendra à mi-saison selon la decision unique du SYCEC le 2 Janvier dernier.

QU’EN EST-IL DE CETTE RUMEUR QUI ANNONCE UN MOUVEMENT DES PRÉSIDENTS DE CLUBS DANS LES PROCHAINS JOURS POUR RÉCLAMER DAVANTAGE DE SUBVENTION. CETTE RUMEUR EST-ELLE FONDÉE ?
Déjà, je tiens à le dire de façon publique et à féliciter la Fédération camerounaise de football et le Comité Technique Transitoire. Parce que nous sommes à la 12ème journée en Elite 1 et la 10ème en Elite 2, la programmation est respectée et nous avions un accord par rapport à ce qu’il fallait recevoir en termes d’engagements en début de saison. Pour le moment, cela a été respecté. Il faut le dire. Là-dessus on n’a pas de problème avec le Comité Technique transitoire, c’est-à-dire la Fédération camerounaise de football. Mais ça ne peut pas suffire par rapport aux engagements qu’attendent les clubs, par rapport aux engagements qui sont prévus. On nous accuse des salaires des joueurs mais sur l’enveloppe des salaires des joueurs, la subvention du Ministère des sports, on a encore rien reçu. L’enveloppe de fonctionnement de la Ligue – la Ligue n’existe plus – du Premier Ministère, on ne l’a pas encore reçue. Mais ça, c’est peut-être paradoxal. Au moment où le Cameroun accueille le CHAN. C’est le moment où, en termes d’infrastructures, nous devons être au top mais en termes de qualité de joueurs également, c’est l’année où plus que jamais les joueurs locaux devaient être traités, bichonnés pour leur donner une participation optimale à ce championnat d’Afrique des Nations qui lui-même est un prélude à la Coupe d’Afrique des Nations de 2021. Mais qu’est-ce que nous voyons ? Nous avons l’impression d’être la cinquième roue de carrosse. C’est pour cela qu’on a tiré la sonnette d’alarme, nous avons interpellé la Fédération, nous avons interpellé le Ministère des sports et nous avons même interpellé le Premier Ministre parce que l’Etat a une obligation de nous accompagner. Oui, l’Etat a d’autres choses : il y a les élections, il y a la situation dans le NOSO, la situation avec Boko Haram mais le football joue un grand rôle de pacification. Nous sommes le démembrement de l’Etat qui existe encore dans le NOSO par exemple. Quelle que soit la période, depuis trois ans, nous jouons au foot dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Ça veut dire que le foot est un élément de pacification, c’est un élément de rassemblement, raison de plus pour nous accompagner, raison de plus pour nous permettre d’évoluer correctement. Normalement, au Sud-Ouest, il y a ville morte tous les lundis mais vous voyez bien qu’on joue les matches de championnat les lundis. Et ce n’est pas uniquement au Cameroun, partout dans les pays en guerre, lorsqu’il y a match de football, les belligérants taisent et déposent leurs armes pour jouer au football. Que l’Etat nous aide, nous en avons grandement besoin. C’est pour ça que nous avons interpellé les autorités et nous osons croire que nous allons être entendus et que ce qui doit être fait doit être fait.

EST-CE QUE VOUS NE PENSEZ PAS QUE SI L’ETAT NE CONTINUE PAS À VOUS ACCOMPAGNER, C’EST PARCE QUE LA LIGUE N’EXISTE PLUS, D’UN ET DE DEUX, COMBIEN RÉCLAMEZ-VOUS À L’ETAT EN TERMES D’ACCOMPAGNEMENT ?

En termes d’accompagnement, nous réclamons 910 millions, 560 millions plus 360 millions. On n’a encore reçu aucun copeck. Sur ceux qui nous accusent de pleurnicher, vous savez, ce sont des gens qui sont à l’extérieur, qui parlent simplement pour parler. Dans les grandes démocraties, l’Etat finance les partis politiques. Vous décrétez le professionnalisme comme vous l’avez décrété au Cameroun, à qui la faute ? A qui le tort. Je ne veux pas rentrer dans la polémique de la Ligue de Football Professionnel, vous savez ce que j’en pensais, je n’en pense pas moins. Je savais que nous allions en arriver là et si vous êtes honnêtes, à la fin de la campagne, j’ai dit : si l’élection se passe comme elle va passer, la Ligue va mourir parce qu’une Ligue de peut pas fonctionner sur les subventions de l’Etat, on est d’accord. Mais quand ça n’a pas été bien fait, l’Etat est obligé d’accompagner. Je suis dans un domaine : l’Education où l’Etat continue de subventionner les établissements scolaires. Mon établissement à 50 ans. L’Etat continue de subventionner les établissements parce que nous avons une mission de service public. Nous employons des jeunes, nous sortons des jeunes de la débauche, nous sortons des jeunes de l’oisiveté, nous avons une mission de service publique, nous sommes un démembrement de l’Etat. On ne peut pas nous dire que nous sommes en train de pleurnicher, c’est faux. Mettez en place des structures de façon correcte, encadrez les correctement, accompagnez-les. Depuis trois ans, les clubs du Centre et du Littoral jouent hors de leur base. Vous imaginez le manque à gagner ? Il y a quatre ans, quand je faisais le budget de l’Union, je tablais sur 20 millions de recettes en début d’année. A la fin de l’année, lors du moment du bilan, on était vers 15 millions, ou 12 millions. L’année dernière, on a fait moins de 800 000 en termes de recettes de stade or chaque match nous coûte pratiquement 700 à 800 milles voire un million de Francs pour aller jouer à Limbe. Quand vous regardez tous les clubs du Littoral qui sont descendus ou qui sont en deuxième division, vous pensez que c’est quoi ? Où est le douzième homme. Vous pensez que quand on joue Coton, lorsqu’on vient d’égaliser à 2-2, si nous sommes au Stade de la Réunification, le public ne va pas pousser pour chercher le troisième but ? Mais où est notre public ? Nous, on joue à l’extérieur toute la saison. C’est la même chose pour les clubs du Centre. Oui, ils jouent à Yaoundé, c’est vrai mais ils dépensent au moins 200 000 pour aller jouer à Mbankomo pour une recette totalement nulle. Et vous avez des gens qui réussissent à vous expliquer qu’il faut garder les stades d’entrainements, les préserver pour le CHAN. Mais il y a un problème ! C’est pour cela que nous avons demandé à rencontrer le Ministre des Sports et le Premier Ministre pour qu’on nous explique. Les stades, c’est pour qui ? Nous allons recevoir l’Afrique, chacun des joueurs de ces pays africains va s’entrainer dans des bons stades et les nôtres vont s’entrainer dans la boue pour qu’au moment où le CHAN va arriver, subitement, on va les garder en stage comme Clément Arroga le fait deux semaines sur cinq et vous pensez qu’ils vont être d’attaque pour pouvoir réussir ? Non !
VOUS AVIEZ POURTANT DES ASSURANCES EN DÉBUT DE SAISON CONCERNANT CES INFRASTRUCTURES AVEC CETTE CONVENTION QUI DEVAIT ÊTRE SIGNÉE AVEC LE MINISTÈRE DES SPORTS…
Tout à fait ! Mais vous savez, souvent, c’est des problèmes de personnes, des problèmes de fonctionnaires, des gens qui ne comprennent pas. Si vous avez des collaborateurs autour du Ministre qui ne lui expliquent pas le bien-fondé, ce n’est pas bien. Le Cameroun n’est pas le premier pays à organiser une compétition. Renseignez-vous, vous êtes des journalistes. Où est-ce que vous avez vu qu’on a fermé les stades au championnat au moment de préparer la compétition ? Ce n’est pas vrai ! Ce n’est pas vrai ! Et ça, on ne peut pas se taire. On s’est longtemps tus mais là, on est obligés de monter au créneau pour dire que ce n’est pas possible. Il n’y a pas de raison, nous ne sommes pas en train de demander les terrains de matches, on ne demande pas à jouer au Stade Ahmadou Ahidjo, nous demandons à jouer sur les terrains d’entrainements. Donc, il n’y a pas de moyens, il n’y a pas de recettes, en plus de cela, vous nous obligez à nous déplacer. A chaque match, il faut se déplacer. On est en train de nous tuer à petit feu et aujourd’hui, nos joueurs vont au Rwanda ou en Guinée Conakry qui a deux équipes en phase de poule de la Champions League de la CAF. Vous pensez que c’est quoi ? Je ne suis pas sûr qu’il y ait plus de talents là-bas. Il faut une vraie volonté d’accompagnement mais un encadrement de l’action de l’Etat. Je dis, nous recevons des subventions dans l’enseignement privé laïc. Même comme il s’agit des sommes modiques, chaque année, nous recevons au moins quatre missions de contrôle. Il y a 20 ou 30 ans, dans l’enseignement privé laïc, les subventions allaient vers les 10-15 millions en fonction des types d’établissement. Aujourd’hui, ça tourne autour d’un million, deux millions ou trois millions. Mais je vous dis, nous avons au moins quatre missions de contrôle dans l’année pour s’assurer que les fonds qui ont été mis à votre disposition ont été utilisés pour le but pour lequel on vous les a donnés. C’est tout ce qu’il faut faire, personne n’interdit à l’Etat de venir dans les clubs, de demander des comptes, les comptes d’emploi, des justificatifs de dépense qui ont été faites. Mais encadrez cela. On ne peut pas penser que nous voulons décréter le professionnalisme comme nous l’avons fait et on laisse faire.

EST-CE QUE LE FAIT QUE LA LIGUE DE FOOTBALL PROFESSIONNEL ET LA FECAFOOT SOIT ENCORE EN LITIGES DANS DES JURIDICTIONS SPORTIVES
NE CONTRIBUE PAS À EMBROUILLER L’ETAT QUI NE SAIT PEUT-ÊTRE PAS À QUELLE STRUCTURE REMETTRE CETTE SUBVENTION OU ALORS, L’ETAT N’EST-IL PAS DÉÇU APRÈS AVOIR CONSTATÉ QUE CET ARGENT QU’IL A SOUVENT ENVOYÉ N’EST PAS ALLÉ DANS LES MAINS DES JOUEURS ?

Déjà, il faut savoir que la subvention de l’Etat, ce n’est qu’une partie de la gestion salariale des joueurs. Ce n’est que 22 joueurs et trois encadreurs et que c’était prévu pour 28 équipes. Aujourd’hui, nous sommes 33 et il n’y a aucune équipe qui joue avec 22 joueurs. Le minimum c’est 30, 35, 40. Donc, il y a un différentiel qui est pris en charge par les clubs, c’est la première chose. Et la deuxième chose – et c’est là où la presse, vous ne faites pas votre travail – dans ce débat avec la Ligue. Qui a créé la Ligue ? En 2011, c’est la FECAFOOT qui donne mandat à la Ligue. Vraiment, c’est un faux débat. Et c’est ça le problème des conseillers. Quand vous savez des conseillers occultes qui vous racontent des histoires… Et ça, ça toujours été mon combat. La Ligue n’a son existence que parce que la Fédération l’y autorise. La Fédération donne un mandat à la Ligue de football professionnel pour gérer le football professionnel, un pan de l’activité de la fédération. Comme l’Etat, à travers le Ministère de l’Education nationale donne mandat à un promoteur d’établissement privé laïc d’exercer la mission de service public qu’est l’enseignement. Si vous ne respectez pas les normes du Ministère des Enseignements secondaires, on vous retire votre agrément, on ferme votre établissement scolaire. Donc, le débat qui s’est posé, pour moi, est un faux débat. En Côte d’Ivoire, la Ligue de football professionnel est une direction de la Fédération ivoirienne de football. En Allemagne, la Ligue de football est dans la fédération allemande de football. C’est un faux débat ! Le problème est : qui gère aujourd’hui le football professionnel ? C’est le Comité technique transitoire à la Fédération camerounaise de football. En plus, disons nous les vérités, peut-être que ça va faire partie de vos prochaines questions. Tout l’imbroglio juridiques des montées-descentes des clubs, il vient d’où ? C’est un héritage de la Ligue de football professionnel, ce sont les dysfonctionnements de la Ligue de football professionnel. Disons-le ! Comment on peut en arriver à ce que le règlement de la compétition puisse être remis en cause alors qu’on a joué toute une compétition ? Et la Ligue existe.
RÉCEMMENT À LIMBE, ABOUBAKAR ALIM KONATÉ PARLANT DES CAS NEW STARS ET ASTRES DE DOUALA QUI ONT CHACUNE UNE DÉCISION DE JUSTICE FAVORABLE, A DONNÉ L’IMPRESSION QUE CES DEUX ÉQUIPES DOIVENT OUBLIER L’ELITE
ENTRETIEN ONE POUR CETTE SAISON. QUEL EST LE COMMENTAIRE QUE VOUS POUVEZ EN FAIRE EN TANT QUE PRÉSIDENT DU SYCEC ?
Déjà, je ne peux que déplorer cette situation, j’ai tout fait pour faire entendre raison. Vous savez, il vaut mieux faire un mauvais arrangement qu’un bon procès. Lorsque cette situation a commencé, j’ai parlé au président de New Stars qui est mon ainé, mon grand frère, le président Domkeu. Je lui ai expliqué la démarche qui pour moi était la meilleure démarche. C’était que quel que soit ce qui arrivait, il fallait jouer d’abord, ça ne l’empêchait pas de jouer. J’ai fait la même démarche auprès du président des Astres… Le président de New Stars, lui, c’est quand même quelqu’un de très fort, il a une panoplie d’avocats, il sait comment faire, il a choisi sa méthode. Mais il ne peut pas vous dire que je ne l’ai pas approché pour lui dire ce que je pensais être la meilleure méthode. Le président des Astres, ça n’a pas été facile mais il m’a écouté et j’ai été entendu et les Astres ont commencé à jouer. Maintenant qu’ils ont obtenu une décision, la fédération regarde, on est à douze matches, comment on fait ? On a le CHAN qui arrive, il faut arrêter en mars, comment on fait avec les matches en retard ? Ce n’est matériellement pas possible de faire cette réintégration si jamais elle doit être faite. Dans le cas de New star ou pour Astres, je ne sais pas si la fédération a fait appel ou pas. Mais c’est matériellement impossible de réintégrer ces équipes-là. D’où l’importance qu’il y avait de jouer d’abord et de négocier tout ce que vous pouvez négocier après. Aujourd’hui, Dieu merci, la raison est en train de prévaloir et Astres est en train de jouer en espérant que les choses vont rentrer dans l’ordre en vue d’une réintégration l’année prochaine. Pour la situation de New Star, je pense que tel que c’est parti, New stars va aller au bout de sa logique, c’est-à-dire épuiser toutes les voies de recours avec toute l’incertitude que cela comporte. Vous savez, un procès, vous n’êtes jamais sûr de le gagner. C’est pour ça que l’on dit qu’un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès. Malheureusement, c’est une situation qu’on pouvait éviter et c’est ça qui est dommageable. Personne ne se rappelle d’où est-ce qu’on sort. Ça, c’est l’héritage des dysfonctionnements de la Ligue de Football professionnel. Rien à cause de ça, il ne devrait plus avoir de Ligue. Qu’on en arrive à cette situation-là. Que la Commission d’homologation et de discipline de la Ligue rende dix jugements – j’essaie de schématiser – et que neuf de ces jugements soient remis en question, reformés à la Commission des recours de la fédération, c’est qu’il y a un problème. PEUT-ÊTRE À LA FÉDÉRATION… Non, comment à la Fédération ? Puisque ces
décisions sont confirmées après à la CCA. Pour le cas des Astres aujourd’hui, la Ligue avait donné raison à PWD mais la Commission de recours a donné raison à Astres, la CCA a donné raison à Astres. Et ce n’est pas la première fois. Il y a eu le cas Fovu et Fovu n’a pas été réintégré. Malheureusement, ça me fait de la peine de parler de cela comme ça. Mon père, le Général Semengue ne m’a pas écouté. On n’en serait pas là. J’ai été candidat à l’élection contre le président Seidou, je ne suis pas ami de la fédération, je le dis ici clairement sans ambages, je ne suis pas amis avec la fédération camerounaise de football. J’ai été candidat contre la liste du président SEIDOU dans laquelle il y avait Aboubakar Alim Konaté. Mais on est partenaires, on est obligés de collaborer. Maintenant qu’il est président, il n’est pas le président des gens qui l’ont élu, il est le président de la fédération et je fais partie de la fédération en tant qu’Union, je fais partie de la fédération avec mon mouvement des clubs. Mais malheureusement à la Ligue, je n’ai jamais été compris comme cela, les gens ont toujours voulu mettre de l’antagonisme, et ce n’est pas vrai, on n’en serait pas là. Il y avait des gens qui avaient intérêt à ce qu’on aille vers ce genre d’antagonisme là mais on allait droit vers le mur. Comment vous pouvez imaginer, parce qu’un des substrats de la décision de New Stars, c’est que le Conseil d’administration qui siège, siège avec des gens qui n’ont pas de mandats. On parle de quel football ? Pour dire la vérité, est-ce que vous savez que logiquement, si on va dans l’application strictus sensus du Droit, tous les championnats de la Ligue de football professionnel depuis 2017 doivent être annulés. Parce que c’est depuis 2017 qu’il y a des membres qui ont perdu leur qualité, qui siègent au sein du Conseil d’administration. L’intervention de la Fédération ne pouvait qu’arriver parce que là, on était sur un socle qui n’avait pas de base juridique légal, c’est ça qui est la vérité. Et la gabegie qui s’y est installée, n’en parlons pas.
DU CÔTÉ DU GÉNÉRAL SEMENGUE ET CEUX QUI LE SOUTIENNENT, ON CROIT TOUJOURS QUE RIEN N’EST FINI POUR LA LIGUE ET ON ANNONCE POUR BIENTÔT, UN CHAMPIONNAT ORGANISÉ PAR LA LFPC…
Oui, vous ne pouvez pas empécher de crois ça à quelqu’un qui est en train d’aller en justice. Mais honnêtement, vous pensez qu’on va organiser un championnat ? Même pour le bon sens, vous pensez qu’on va recommencer le championnat ? Sauf si c’est un championnat qui va être organisé après le CHAN. Mais là, tel que c’est parti, je ne sais pas comment on va faire pour organiser un championnat. Vraiment, moi je pense qu’on n’a pas voulu faire les choses correctement. La Ligue a été créée sur une bonne base, il y avait une progression à faire. Mais après quatre ans, il fallait changer de fusil d’épaule, il fallait regarder ailleurs. Vous ne pouvez pas être dans une Ligue de football professionnel, vous recherchez des sponsors et vous recrutez des gens qui à longueur de journée, insultent ceux qui ne sont pas d’accord avec la Ligue : les présidents de clubs, du matin au soir. Vous avez entendu où, dans quelle fédération ou dans quelle Ligue qu’il y a des consultants ? C’est-à-dire, les gens qui vont sur les plateaux pour insulter les acteurs. Et vous voulez que les sponsors viennent par comment ? On me dit qu’on m’a nommé à la Commission Marketing et je n’ai rien apporté. Je devais apporter quoi ? Et je vous rappelle que quand on me nomme à la Commission Marketing, c’est deux ans après les élections. C’est un aveu d’échec et c’est parce qu’entretemps, mon équipe continue d’avoir ses deux ou trois sponsors que mes collègues me disent de venir. Comme je le dis, j’ai été candidat contre le Président Semengue mais ce n’est pas mon ennemi. Je suis là pour servir le football. S’il y a des sponsors à la Ligue, ça veut dire qu’il y a de l’argent. S’il y a de l’argent à la Ligue, ça veut dire que mon club aura de l’argent, je vais mieux m’en sortir et je vais moins sortir de l’argent de ma poche ou alors mes membres vont moins dépenser et nous allons moins souffrir. C’est pour cela que je l’accepte et je mets d’ailleurs en place une commission avec des sommités. Si je cite les noms de deux ou trois personnes de cette commission, vous n’y reviendrez pas. Mais comment vous pouvez travailler quand en face, des gens vont dans des plateaux de télévision vous expliquer que les présidents de clubs sont des voleurs, les présidents de clubs dont des mendiants, le Général Semengue est omniscient, il est omnipotent. Ce n’est pas vrai, ce n’est pas ça. Ce n’est pas comme ça que ça se passe. Ailleurs, vous n’avez pas le droit de critiquer. Regardez dans les grands championnats, un entraineur qui critique la Ligue ou la Fédération est sanctionné. Vous avez les entraineurs à la fin des matches qui disent que l’arbitre a été acheté, vous n’avez pas la preuve de l’achat, ça décrédibilise. Rappelez-vous Chelsea-Barcelone où Chelsea a été volé, où Drogba parle de « Fucking Disgrace », il a pris six match de suspension parce qu’en le disant, vous êtes en train de tuer la compétition. Vous êtes à la Ligue de football professionnel et vous avez un rapport qui vous sort les noms des présidents de clubs qui achètent des matches, qui achètent des arbitres. Le rapport existe, dirigé par un Commissaire divisionnaire. On connait les noms des clubs mais on ne sanctionne pas et vous voulez que la Ligue continue ? Ça ne peut que plonger. Je vais vous raconter une anecdote. Après les élections à la fédération camerounaise de football, j’ai fait venir ici le président de Cristal Palace, dans une convention avec la Fédération camerounaise de football dans un échange, ce qu’on appelle des MOU Good practice. Je lui ai demadé : Crist, quel est le secret de la Premier League – parce que la Premier League n’existe que depuis 1992 – comment entre
1992 et 2017, vous êtes devenus le championnat le plus riche du monde, le plus médiatisé. Il m’a dit : Franck, c’est deux choses : l’intégrité de la compétition et la qualité de l’arbitrage. J’ai mis les mains sur la tête. Nous avons une Ligue où on peut décider de qui descend et de qui monte. A la fin de la saison, on dit que non, personne de descend parce qu’on est en train de préparer des élections et on se dit que ce sont des voix, il faut mieux qu’on augmente le nombre de clubs. On était passé aujourd’hui à 20 clubs en Ligue 1 ou à 18 en Ligue 2, de 14 en 2011. Le Cameroun n’a pas une structure viable pour faire jouer un championnat à 18 clubs, disons-nous la vérité et là-dessus, j’ai toujours été opposé. Nous n’avons pas une structure viable pour faire jouer un championnat à 18 clubs, maximum c’est 16 clubs en Ligue 1, sinon 14. Et maximum 12 en Ligue 2 parce que les clubs de Ligue 2, c’est la mort, en Ligue 1, quand il y avait des stades, il y avait au moins des recettes mais en Ligue 2, ils n’ont peut-être pas les mêmes charges en termes de salaire et de primes de matches mais en termes de charges de déplacements, c’est plus que la Ligue 1. Par exemple cette année, ils vont à Bamenda, ils vont à Bertoua et ils vont à Ngaoundéré. Là, ce sont des déplacements qui sont comme aller au Nord alors que nous en général aller au Nord est notre seul gros déplacement. Mais ils y vont trois fois pratiquement. Donc, vous comprenez qu’il y a un problème. Comment on peut jouer un championnat et on dit que personne ne descend et vous voulez que les sponsors viennent. Je pense qu’il faut remettre les choses à plat. Nous allons veiller que le CTT fasse le travail mais nous allons rester vigilants pour que cela soit fait dans l’intérêt des clubs et du football professionnel. Ne pensez pas nous sommes des affidés de la fédération mais nous devons reconnaitre que depuis le début du championnat, il y a plein de choses qui ne fonctionnent pas mais il y a également beaucoup de choses qui fonctionnent très bien : la programmation est effective, les plaintes sur l’arbitrage, de moins en moins visibles, nous demandons au Comité Technique Transitoire d’être encore plus rigoureux, d’être encore plus ferme mais surtout de nous accompagner. Les clubs camerounais jouent une compétition africaine, je prends le cas de l’UMS l’année dernière et l’équipe étrangère peut s’entrainer sur le stade avant UMS alors qu’UMS est supposée avoir le statut d’équipe nationale. C’est la bagarre pour pouvoir avoir les moyens de transport pour aller jouer la compétition africaine pour représenter le Cameroun. Ce que nos dirigeants ne comprennent pas c’est que si UMS entre en phase de poule, si Coton Sport entre en phase de poule, il ramène 400 millions et il va dépenser une partie de cet argent localement en recrutant des joueurs, de la Ligue régionale à la Ligue 1. Une partie de cet argent va entrer dans le football local. Nous avons intérêt à accompagner les clubs vers cette manne financière là. Dans un plan de développement du football professionnel, nous avons besoin de cela. Ne pensez pas que c’est le problème du club. Non ! Les anciens ministres des sports, Félix Tonye Mbock, Mbombo Njoya n’étaient pas fous pour demander que les clubs engagés en compétitions africaines aient le statut de l’équipe nationale. Les succès du Cameroun de 82 jusqu’en 90 sont nés des succès des clubs, des années 70 : Union, Canon, Tonnerre et Dynamo qui est arrivé en quart de finale.

ON SAIT QU’AU TERME DE SA MISSION, LE CTT DEVRA ORGANISER DES ÉLECTIONS POUR RESTAURER LA LIGUE ET DÉJÀ DES INDISCRÉTIONS VOUS ANNONCENT DANS UNE LISTE CONDUITE PAR SAINT FABIEN MVOGO…
Non, le CTT a un mandat de deux ans (jusqu’en 2021), comment on peut être en train de jouer le championnat et vous parlez de liste ? Chacun est occupé à gérer son club, ce n’est même pas à l’ordre du jour Là où nous devons être vigilants, où chacun ne veut pas descendre, veut jouer le titre et s’assurer que le Comité technique transitoire fait correctement son travail, que nous l’accompagnions parce que c’est pour nous. La réalité aujourd’hui, c’est que nous avons perdu un peu de notre pouvoir avec la mise sur pied d’un Comité technique Transitoire, puisque nous n’avons plus notre Ligue. Il faudrait que rapidement, nous revenions à notre Ligue parce que dans la norme des choses, c’est la Ligue qui finance la fédération. Dans tous les pays du monde, c’est la Ligue qui donne l’argent à la fédération et non le contraire parce que la Ligue est plus prospère que la fédération. La Ligue a une compétition qui a 38 matches en Ligue 1, 30 matches en Ligue 2 pour un total de 68 alors que la fédération n’a que les matches de l’équipe nationale et c’est une fois tous les deux-trois mois. Jusqu’aujourd’hui, on tend encore la main, ce n’est pas normal. Nous devons tout faire pour amener le CTT à finir rapidement sa mission pour remettre la Ligue aux clubs au travers d’une élection et que ceux qui seront élus, emmènent la Ligue là où elle doit aller. C’EST DONC DIRE QUE VOUS N’AVEZ AUCUNE AMBITION, À COURT OU À LONG TERME ? Honnêtement, quelle ambition, je pourrais avoir aujourd’hui. Comment est-ce que je peux me projeter au-delà de la fin du championnat ? Mais, mon ambition, c’est de tout faire pour que ça marche et je peux vous dire que les membres du CTT, je ne les laisse pas faire, le président Konaté, il le sait. Je suis là pour défendre l’intérêt des clubs. Et puis, je pense avoir donné ma part de contribution, j’ai
essayé, je n’ai pas été compris, ce n’est pas grave. Je n’ai pas demandé à être candidat président au SYCEC, mais c’est les clubs qui sont venus me chercher. J’étais dans mon coin, j’avais accepté le verdict et ça ne m’empêchait pas de collaborer avec la Ligue de football professionnel. Par contre quand c’était chaud pour négocier la sortie de MTN, là, la Ligue me sollicitait et je ne refusais pas, je viens, j’apporte ce que je peux apporter pour qu’on s’en sorte correctement, et puis après, il trouvait que Franck Happi dérange, simplement parce que vous avez dit ce que vous pensez. C’est la même chose, la fédération, je ne la supplie pas pour être sollicité. Si je suis sollicité, j’apporte mon point de vue. Si je ne suis pas sollicité, je reste dans mon coin et je m’occupe de mon équipe mais vraiment ne me prêtez aucune ambition pour le moment. J’avais une ambition, de porter un autre discours, le discours d’un acteur à la tête de la fédération camerounaise de football, mes ainés m’ont dit : donnes tes voix à Joseph Antoine Bell, j’ai laissé tomber, je l’ai fait. Ça, c’est passé. Aujourd’hui, il y a un président qui a été élu, on accompagne cette fédération dans sa mission en ce qui nous concerne, nous les clubs professionnels et on est vigilants par rapport à ce à quoi nous avons droit, on est vigilants par rapport à ce qu’ils préparent, on est vigilants par rapport à la qualité de nos compétitions. Lorsque ça ne va pas, nous le faisons savoir. A la différence que nous n’allons pas aller dans les médias pour exprimer nos désaccords. On rencontre le président, on lui parle et on règle les problèmes entre quatre murs. Et ça, c’est bien pour l’image, on n’a pas besoin de mettre des gens pour insulter la fédération parce que nous sommes en désaccord. Et pourtant, il y a des moments où on n’est pas d’accord mais qu’est-ce qu’on fait ? On se parle et on trouve un terrain d’entente.

POUR TERMINER, EST-CE QU’ON PEUT SAVOIR LA POSITION DES CLUBS DU CHAMPIONNAT PROFESSIONNEL PAR RAPPORT À L’AFFAIRE NEW STARS ET ASTRES ? PARFOIS, ON REMARQUE QUE BEAUCOUP ASSIMILENT LA POSITION DU SYCEC À VOTRE POSITION PERSONNELLE. QU’EST-CE QUE LES AUTRES CLUBS PENSENT EFFECTIVEMENT ?
On n’a rien à penser. Je vous ai donné la démarche qu’on a eue en tant que syndicat. C’est une démarche de conciliation pour amener les parties à jouer d’abord, sans remettre en cause leurs droits, sans préjudice des actions que chacune des parties allait mener en justice. Notre objectif, c’est d’abord de préserver la compétition. Après, ce sont des actions en justice, je ne peux pas défendre New Stars, je ne peux pas défendre Astres. C’est Astres qui se défend, c’est New Stars qui se défend. Vous ne pouvez pas demander à une association comme la nôtre de prendre position pour un membre au détriment d’un autre membre. Parce que ce qu’il faut savoir c’est que chacune des décisions-là se fait au profit d’un membre, au détriment d’un autre membre. Ce n’est pas ça notre rôle. Notre rôle, c’est : si un membre est attaqué ou alors est victime d’une violation flagrante ou commune ou si nous sommes menacés par une situation globale, là, nous réagissons. Par exemple : si nous devons recevoir de l’argent que nous ne l’avons pas reçu. Je vous donne un exemple : un club fait une demande pour obtenir quelque chose, une assistance financière par exemple à laquelle il a droit et il y a du retard, nous accompagnons cette demande… mais nous ne pouvons pas aller prendre des positions par rapport aux décisions de justice. Par rapport à l’affaire Astres, quand Astres n’est pas relégué, c’est PWD qui est relégué ou vice-versa. Vous prenez position comment là-dedans ? Vous n’avez pas à prendre position mais vous faites tout pour préserver d’abord la compétition et je peux vous dire, chacun de ces présidents, je peux les regarder dans les yeux en disant : j’ai fait ce que j’avais à faire. Maintenant, chacun décide en son âme et conscience, nous encourageons chacun de nos membres à aller défendre ses droits. Je vous donne un autre exemple, lorsque nous avons eu les problèmes que nous avons eus avant les play-down, il n’y avait pas un problème du SYCEC là-dedans. C’était l’ Union de Douala, je me suis défendu. Quand j’ai perdu à la Commission des Recours, qu’est-ce que j’ai fait ? Ce que j’ai conseillé à mes collègue : je suis reparti jouer parce qu’à un moment, il faut laisser. Quand vous êtes un acteur, vous comprenez que le tribunal, ce n’est pas la compétition et je peux vous dire que tout était fait pour qu’Union ne reste pas en première division. Mais Dieu merci, il y a un Dieu qui est vivant et qui est fidèle. Union est restée en première division parce que Dieu est fidèle. Il n’y avait pas de raison, on a voulu nous pousser avec des pieds et des mains mais ça n’est pas passé parce que Dieu ne l’a pas permis. Et ça, c’est la beauté du foot. Regardez le président Batamack, je ne dis pas qu’il est pauvre mais il est seul, il se bat avec son équipe, il est deuxième ou troisième du championnat, c’est extraordinaire. Regardez YAFOOT en Ligue 2, le maire Assamba, mon premier Vice-Président est décédé et aujourd’hui, l’équipe est entre les mains de sa famille dont Madame Manguele mais Yafoot est dans la première moitié du classement. Regardez Tonnerre, regardez Canon même. C’est ça la beauté du foot. Je vous dis que si le championnat continue ainsi, il sera de très bonne qualité. Toutes les équipes se valent, tout le monde peut battre tout le monde, les matches sont engagés. Vivement que ça continue. Si on a les moyens pour que les joueurs soient davantage mieux entretenus, je peux vous dire que le champion qui va sortir de cette compétition va titiller la phase de poule de la Champions League, ça c’est sûr parce que c’est un champion qui sera
aguerri, qui sera prêt parce qu’il aura mérité, il aura été le plus fort, il aura dominé ses adversaires. Ce ne sera pas un champion sur le papier et ceux qui vont descendre, ce seront les plus faibles, ce ne sera pas une décision arbitraire dans les bureaux, ce sera le terrain et ça, c’est très important.

MERCI PRÉSIDENT DE NOUS AVOIR ACCORDÉ CET ENTRETIEN !
C’est moi qui vous remercie. Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris la parole, je sais que je ne vais pas me faire que des amis mais j’ai choisi ce moment parce qu’il était important avec cette mini-trêve de mettre un peu les points sur les i et l’actualité a également permis de parler de tout ça. Je suis content et j’espère avoir répondu à l’attente de vos nombreux lecteurs et téléspectateurs pour ceux qui sont à la télévision, vivement qu’on ait un bon championnat. Si on a un bon championnat, même vous qui faites les métiers connexes, vous allez être mieux traités, même par vos médias respectifs. C’est ce que nous devons comprendre et ne pensez pas qu’en tirant sur la fédération, en tirant sur la Ligue, vous êtes en train de bien faire. Ce n’est pas ça la solution, nous devons vendre notre spectacle, nous avons un spectacle que nous sommes en train de vendre qu’est le football professionnel. C’est extraordinaire, excusez-moi, il y a quatre ans, Canal 2 payait 24 millions pour les droits du championnat et c’est moi qui avais négocié cela, ça avait commencé par la fin de la phase aller, ils avaient payé 12 millions. J’avais pratiquement dû serrer Eric Fotso à la gorge. Au dernier championnat, c’est la Ligue qui payait la Crtv et Canal 2 pour diffuser les matches du championnat, il y a un problème ! Excusez-moi mais ça me fait beaucoup de peine. Mais on avance parce qu’on ne doit pas revenir en arrière. C’est dommage, on a perdu beaucoup de temps, aujourd’hui, on ne devait plus être là où nous sommes. Nous sommes en train de devoir accueillir le CHAN et la CAN, on signe une superbe convention avec la Liga, c’est un peu ce que je voulais faire avec Cristal Palace, ils ne vous donnent pas de l’argent. La Liga cherche de nouvelles niches de téléspectateurs pour leurs droits étrangers. Quand ils viennent en Afrique, ils ne viennent pas pour donner de l’argent. Les droits du championnat espagnol sont déjà saturés comme en Premier League, ils cherchent de nouveaux marchés. Ils viennent donc en Afrique pour créer une adhésion autour du produit de la Liga pour que les droits à l’étranger de leur championnat augmentent de cagnotte. Quand ils viennent, ils ont besoin de voir un championnat de qualité, ils ont besoin de voir une compétition qui se déroule correctement, ils ont besoin de savoir que quand ça commence en janvier, ça se termine à une période donnée. Mais on ne perd pas espoir.

Laisser un commentaire

Please enter your comment!
Please enter your name here